Louis Rollinde est un artiste issu d’une famille de peintres rêvant dans de vieilles demeures. L’enfant, copiste précoce de maîtres anciens, et trieur de cailloux, est sensible à l’écho de ces mondes évanouis. Il développe très tôt un intérêt pour les musées et les lieux à histoires, mais ressent paradoxalement la vanité des collections. Les châteaux décatis en fête foraine.


Photo by Diane Sorin
Ce double mouvement entre poésie et scepticisme, culture et ironie, l’accompagne toute sa vie. Dès ses premiers travaux artistiques il interroge la difficulté à voir (le flou, l’invisible, le noir), autant que les modes de présentation de l’art ( la vitrine, le cadre, le socle, l’inventaire). La question de l’exposition et de ses conditionnements lui semble cruciale.
Dans les années 80, il crée à Paris en autodidacte malicieux une fabrique de scénographie qui lui permet de fréquenter intimement, et comme par effraction, les musées et les collections de prestige où ses cadres et socles spéciaux tutoient chefs-d’œuvre de grands maîtres et objets rares. Au cœur du réacteur ! Chemin faisant, ses clients* deviennent ses collectionneurs.

Photo by Diane Sorin




A partir des années 2000 et jusqu’à aujourd’hui, Louis Rollinde déploie ses expérimentations en investissant des lieux inhabituels ou chargés, qu’il choisit et qui l’inspirent : studios de cinéma désaffectés ou hall de cinéma multiplex, musées scientifiques ou aquariums, tour médiévale ou maison d’écrivain, dans une confrontation féconde.
Sa production de peintures, de projections, de vidéos, de dessins et de sculptures ne cesse de s’élargir… Un inventaire de collections fictives, des sculptures de vides, des planches de choses qui sont là et pas là. Une réflexion à partager, sur nos capacités à appréhender le réel et les extinctions à l’oeuvre.
*Louis Rollinde est également connu sous le nom Christian de Beaumont.